PS : autopsie d’un meurtre

Sauf surprise, le Parti Socialiste aura d’ici quelques heures perdu toute raison d’être en se rendant à LFI.

Les grandes étapes de cette agonie ont un point commun étonnant pour un parti légaliste : le non respect de ses propres statuts.

2002 : Après la défaite du 21 avril ont lieu des débats animés au sein de chaque fédération sur la stratégie pour les législatives. Partout des votes entérinent une attitude offensive visant à conserver le maximum de sièges. À quelques jours du scrutin pourtant, L. Fabius déclare qu’une cure d’opposition ferait du bien, ruinant en une phrase la campagne menée sur le terrain.

2005 : Malgré un vote des militants à 58% pour le Oui au referendum sur le TCE, certains dirigeants (Fabius, Emmanuelli, Weber, Mélenchon, Montebourg, Bartolone…) font campagne pour le Non. M. Valls, qui s’était prononcé pour le Non rallie comme les statuts du PS l’y obligent la campagne du Oui.

La campagne ouvertement noniste de Jean-Luc Mélenchon précipite la scission.

2006 : Alors que les statuts du PS ne prévoient que la possibilité d’une primaire fermée comme en 1995, l’ouverture aux sympathisants introduit la démocratie participative, prémices de l’antiparlementarisme.

2012-2017 : Les « frondeurs » piétinent l’article 5.4.3 des statuts sur l’unité de groupe, sabordant le quinquennat Hollande. Hamon obtient 6,7% des suffrages après avoir annoncé soutenir Jean-Luc Mélenchon au second tour le cas échéant malgré son soutien à Bachar et Poutine.

Persévérant dans l’erreur, le PS tourne le dos à ceux qui prônent une reconstruction dans la majorité ou une opposition modérée (Valls, Delanoé, Rebsamen…) et se lance dans l’opposition systématique.

2020 : les municipales maintenues sous pression entre autres du PS, alors que la covid immobilise de nombreux électeurs, placent les élus socialistes dans la position de maintenir leur alliance avec des élus qu’ils considèrent « avoir un problème avec la République ». (Hidalgo)

2022 : le score d’A. Hidalgo confirme que la direction suivie est une impasse. Loin d’en tirer les conclusions, Olivier Faure capitule et tente de rallier LFI pour les législatives. Les statuts impliquent que seul le Conseil national peut ratifier un tel accord (art. 2.6.2. 3)…

…mais comme on le voit, les filets de sécurité du PS sont surtout là pour être percés.

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Paru le 4 mai soit quelques jours après cet article, « Anatomie d’une trahison – La gauche contre le progrès », de Renaud Dély, permet de comprendre les différentes étapes de la descente aux enfers de la gauche social démocrate.
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Depuis cet article…

  • 5 mai 2022 : le Conseil national vote en faveur de l’accord avec la NUPES à 62%. Le compromis réserve 70 circonscriptions au PS contre une centaine à EELV.. Quatre sortants PS doivent céder leurs circonscriptions à LFI. [Ouest-France]
  • juin 2022 : l’accord NUPES est loin de faire l’unanimité, 70 candidats socialistes se présentent hors accord NUPES. Ils échouent tous au premier tour de la législative.
  • 19 juin 2022 : seuls 31 députés socialites et apparentés sont élus, soit le même nombre qu’en 2017, après la campagne catastrophique de Benoït Hamon et alors que En Marche ! fait un ras-de-marée.
  • 30 juin 2022 : le PS lance une procédure d’exclusion contre 79 dissidents. Olivier Faure assure qu’il ne s’agit pas d’une purge. [Marianne]

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