Rédhibitoire

Il fût un temps où le mot « rédhibitoire » avait un sens.

Dans ma lointaine jeunesse -je suis né trente ans après la libération d’Auschwitz- l’auteur de propos antisémites était exclu du débat public, immédiatement et pour longtemps.

Le racisme était déjà presque -mais pas encore tout à fait- rédhibitoire. Ma génération a dans un premier temps contribué à ce qu’il le devienne… avant de se retourner.

On disait d’ailleurs de ceux qui tergiversaient qu’ils auraient pu soutenir qu’Hitler avait ramené le plein emploi, ce qui illustrait qu’aucune ligne politique ne pouvait avoir sa place si elle impliquait des idées « rédhibitoires ».

Aujourd’hui, on plaint les chaises des plateaux télé tant elles auront subi les tortillages de séants des « malgré-nous » de la NUPES (c’est un acronyme, merci de l’écrire en majuscules et non de l’adoucir systématiquement en 💖Nupes🎶), ou d’éditorialistes militants.

Quand -c’est rare- un journaliste les confronte à la venue de Jeremy Corbyn (de là à mentionner les propos ouvertement antisémites de la plupart des candidats NUPES des circonscriptions parisiennes, il y a un pas que le ménagement de l’avenir ne permet apparemment pas), nous souffrons avec ces chaises :

Corbyn n’est pas le témoin de moralité que je me serais choisi .

Olivier Faure, qui ajoute que les sujets de convergence sont plus nombreux que ces sujets de désaccord, évoquant notamment la retraite à 60 ans, France Inter, 15/6

Ce sujet est essentiel, mais je veux dire qu’au moment où on remet la centralité de la question sociale, de la question écologique… 

Jérôme Guedj, pour qui le sens du mot « essentiel » est apparemment relatif. LCI, 15/6

Et quand Amélie de Montchalin (opposée à Jérôme Guedj dans l’Essonne) rappelle que ces deux-là et de nombreux autres membres d’une gauche dite « républicaine » se sont alliés avec les auteurs de propos antisémites comme Mélenchon, Mecary, Simonnet, Obono ou d’autres (nous attendons toujours les plaintes en diffamation), c’est dans un ensemble touchant que la sphère médiatique et politique « de gauche » fait mine de prendre cela pour une accusation insupportable d’antisémitisme.

Personne ne songerait à taxer Olivier Faure ou Jérôme Guedj d’antisémitisme -un article récent publié dans Nature démontrait que tous les membres de la classe des antisémites sont vertébrés, ce qui exonère définitivement ces deux là-, mais jusqu’à quel niveau de compromission et de soumission peut-on arriver sans que naturellement les défauts de vos « alliés » vous soient reprochés ?

Non, l’antisémitisme n’est plus rédhibitoire, il est devenu un simple « sujet » qu’on peine à nommer (Obono, France Inter, 16/6).

Il en va de même avec d’autres sujets. L’assignation à identité et à religiosité de l’ensemble des français de culture musulmane est la quintessence du racisme, or c’est désormais la prétendue « gauche » qui la défend. Le soutien plus que décennal à Poutine, à Bachar, à Chavez… (non, ce ne sont pas des « caricatures », il existe des kilomètres de déclarations explicites) ne sont pas plus rédhibitoires.

Abandon des Juifs et des femmes musulmanes

« Rédhibitoire », ce mot si difficile à écrire avec son h après le d et qui empêche les collabos de 2022 de s’en tirer par la rhétorique avec son h après le r… ce mot donc, n’a plus sa place. La lâcheté et « l’idée » contemporaine que tout égale tout en auront eu raison.

Ce que font ces politiques et leurs électeurs, et que nous dénonçons depuis bien avant l’accord NUPES, c’est simplement abandonner les Juifs en rase campagne. Pas seulement eux, également les femmes musulmanes non voilées, ou toute personne prétendant s’émanciper de sa condition, s’extraire de sa naissance et de son essence, mais nous insistons sur l’antisémitisme tant il est un marqueur de ce qui était rédhibitoire et qui ne l’est plus.

Il reste à espérer qu’Hitler apporte le plein emploi…

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Repris dans Tribune Juive

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